Tout a commencé
voici dix ans, lorsque Dmitri Bertman, un jeune metteur en scène
inconnu de 23 ans, décida de réaliser, avec un groupe d'amis
étudiants, une nouvelle production de la "Mavra" de Stravinsky.
Il fallut réduire l'instrumentation à 7 musiciens, avec l'aide
de Kiril Tikhonov, un chef réputé qui avait fait la majeure
partie de sa carrière aux Etats-Unis.
L'Opéra-Théâtre
Hélikon était né. Installée dans les murs d'un
superbe palais moscovite du XVIIIe siècle (l'orchestre avait entre-temps
pris une taille normale), entre le Conservatoire Tchaïkovski et le
Bolchoï, cette nouvelle scène devait rapidement attirer chaque
soir un public fidèle de mélomanes, suffisamment passionnés
et... fortunés pour payer leur place dix fois le prix d'une entrée
au Bolchoï.
En quelques
années, l'Opéra-Théâtre Helikon allait présenter
plus de 20 opéras différents, la plupart en première
création nationale, et certains en première mondiale. Mais
qu'il s'agisse d' "Ondine" de Tchaïkovski, ou de "Aïda", chaque
production nouvelle imposait une vision brillante et audacieuse, à
mille lieues des versions conventionnelles et poussiéreuses en vogue
ici ou là, tandis que chaque artiste d'Hélikon, chanteur,
musicien ou choriste, pouvait rivaliser avec les meilleurs en Russie.
En 1993, Hélikon
devenait opéra d'Etat, et se voyait invité au Liban, en Suisse,
en Allemagne, en Irlande et en Grande-Bretagne, à Londres, où
il se produisit 3 années de suite avec un égal succès.
Sa nouvelle
production de "Carmen", version pour le moins sulfureuse du chef-d'oeuvre
de Bizet, valut à Dmitry Bertman le "Masque d'or" en 1998, équivalent
russe des Molière. Depuis les Masques d'or s'enchaînent, en
1999 pour La Fiancée du Tsar, en 2000 pour Lady Macbeth de Mzensk...
Helikon emploie
aujourd'hui environ 300 personnes. Subventionnée par la ville de
Moscou, cette troupe forme un ensemble permanent, contrairement au système
qui prévaut actuellement dans la plupart des maisons d'opéra.
Cette particularité
a sans doute permis à Helikon d'atteindre un niveau artistique et
une cohérence, d'une production à l'autre, qui font si souvent
défaut ailleurs.
Mais bien sûr
Helikon doit essentiellement son succès à la personnalité
de son directeur et metteur en scène, Dmitri Bertman: son approche
moderne, décapante, sa remise à jour de la méthode
Stanislavsky, son humour corrosif, la vivacité, l'énergie
endiablée de chacune de ses productions, ont su apporter un sang
véritablement neuf à l'art lyrique.
En 1999, la
carrière internationale d'Helikon prend son essor : après
trois représentations en juin au Festspielhaus de Salzbourg, ils
sont les invités du Festival de Radio France et Montpellier en juillet,
sont au Massachusetts International Festival of the Arts (Etats-Unis) en
octobre, enchaînent avec une série de représentations
au Théâtre des Champs Elysées (Paris) suivies d'une
tournée à travers la France en novembre et décembre.
Février
2000 les revoit au Théâtre des Champs Elysées, mai
à Rouen où un tournage télévisé est
réalisé pendant les représentations de Carmen ; en
juin, Helikon est invité par Msitslav Rostropovitch aux RencontresMusicales
d'Evian pour une Chauve-Souris que lui-même dirige, en juillet ils
réapparaissent au Festival de Montpellier, en novembre et décembre
en tournée en France et en Espagne...
Le début 2001 est marqué
par une triomphale tournée de 21 représentations de La Traviata
aux Etats-Unis. En juin le Festival de Musique de Strasbourg les invite
pour une nouvelle productions de Aida. En août, une représentation
de Eugène Onéguine et Lady Macbeth de Mzensk conquièrent
le public du Festival International de Santander (Espagne). En novembre
et décembre, Helikon est en tournée en France pour la troisième
année consécutive.
Ý
(Septembre 2001)
Dmitri BERTMAN,
metteur en scène
Né à Moscou en 1967
il entre en 1984 à l'Académie Russe des Arts pour le Théâtre
(GITIS) pour y apprendre la mise en scène, et débute presque
simultanément sur le terrain en tant qu'assistant au Bolchoï
et metteur en scène dans des théâtres professionnels.
Dès l'obtention de son diplôme, et après avoir réalisé
plusieurs mises en scène, il fonde en 1990, à 23 ans, le
Théâtre Helikon qui dès 1993 obtient le statut d'établissement
d'état. Depuis 1994 au rythme de 2 ou 3 nouvelles productions par
an, le Théâtre Helikon se forge un répertoire et devient
l'endroit à la mode à Moscou. Dmitri Bertman, quant à
lui, est maintenant de plus en plus souvent invité en tant que metteur
en scène sur les grandes scènes lyriques internationales.
"Il faut en finir avec les concerte
en costumes, et les excès de symboles, qui ne peuvent à eux
seuls remplacer la vérité dramatique " affirme-t-il. Ce qui
frappe souvent dans le travail de Dmitri Bertman ,c'est sa volonté
de donner au public une lecture aussi intense que possible des ouvrages
lyriques, sans masques ni artifices. Son goût de la "provocation"
n'est jamais gratuit : il a pour but de faire naître chez le spectateur
des émotions neuves qui ne soient jamais dictées par les
travaux de ses prédécesseurs. Pour parvenir à ses
fins, il n'hésite pas à provoquer des images fortes ou des
transpositions d'époque et de lieux spectaculaires.
Dmitri Bertman transmet les méthodes
théâtrales de Stanislavski, Tchékov et Chaliapine à
de jeunes chanteurs d'opéra lors de master classes à l'Opera
Studio de Berne. Il est depuis 1996 professeur de mise en scène
au GITIS de Moscou.
Le travail de Dmitri Bertman a dèjà
été récompensé plusieurs fois, notamment par
un Masque d'Or (la plus prestigieuse récompense théâtral
russe) pour ses mises en scène de Carmen, La Fiancée
du Tsar et Lady Macbeth de Mzensk.
Productions réalisées
par Dmitri Bertman
Ulanovsky, La Poule aux oeufs
d'or (1988) Komi Republic Musical Theater
Gershwin, About You I Sing
(1989) Odessa Musical Comedy Theater
Bortnyansky, Quint Fabius
(1990) Forum Theater
Stravinsky, Mavra (1990)
Helikon Opera
Hindemit, Hin und Zuruck
(1990) Helikon Opera
Prokofiev, Maddalena (1991)*
Helikon Opera
Rimsky-Korsakov, Kashey l'immortel
(1991) Helikon Opera
Prokofiev , Le vilain petit canard
(1992) Helikon Opera
Mozart, Appolon et Hyacinthe
(1992) Helikon Opera
Leoncavallo, I Pagliacci
(1993) Helikon Opera
Tchaikovsky, Ondine (1994) Helikon
Opera
Poulenc, La Voix Humaine
(1994) Helikon Opera
Rimsky-Korsakov, Mozart et Salieri
(1994) Helikon Opera
Tchaikovsky, Dame de Pique(1994)
Helikon Opera
Verdi, La Traviata (1995)
Helikon Opera
Tchaikovsky, La Dame de Pique
(1995) Wexford Festival Opera (Irlande)
Verdi, Aida (1996) Helikon
Opera
Tchaikovsky, La Dame de Pique
(1996) (Beyrouth, Liban)
Strauss, La Chauve Souris
(1996) Helikon Opera
Tchaikovsky, Eugene Oneguine
(1996) Wexford Festival Opera (Irlande)
Puccini, La Boheme (1996)
Wexford Festival Opera (Irlande)
Bizet, Carmen (1996) Helikon
Opera
Tchaikovsky, Eugene Onegin
(1997) Helikon Opera
Rimsky-Korsakov, La Fiancée
du Tsar (1997 ) Helikon Opera
Dargomijsky, Rusalka (1997)
Wexford Festival Opera (Irlande)
J.Offenbach, Les Contes d'Hoffmann
(1998) Helikon Opera
Verdi, La Traviata (1998)
Nationaltheater Mannheim (Allemagne)
Verdi, La Traviata (1999)
Canadian Opera Company (Toronto, Canada)
Tchaikovsky, Mazeppa (1999)
Helikon Opera
Rimsky-Korsakov, Le Coq d'Or
(1999) Helikon Opera
Voices of Invisible (Bible's
triptych) : Bardanashvili Eva, Kobekin Moses, Schetinski Annunciation (1999)
** Helikon
Mozart, Cosi fan tutte (1999)
Ludwigsburger Schlossfestspiele (Germany)
Dmitri Shostakovitch, Lady Macbeth
de Mtsensk (2000) Helikon Opera
Stravinsky, The Rake's Progress
(2000) Volksoper Vienne (Austria)
Strauss, La Chauve-Souris
(2000) (sous la direction de M. Rostropovitch) Festival d'Evian (France)
Verdi, Aida (2001) Festival
de Musique de Strasbourg
Verdi, Falstaff (2001) Opera
Helikon
Alban Berg, Lulu (2002) Opera
Helikon
Gretry, Pierre le Grand (2003)
Opera Helikon
REVUE DE PRESSE
"La transposition de l'histoire
de Prosper Mérimée dans le monde d'une mégalopole
actuelle marche parfaitement. (...) Les choeurs ne sont pas sans rappeler
West Side Story de Bernstein, car ils dansent comme ils chantent : il y
a de la comédie musicale dans cette Carmen d'aujourd'hui."
Le Figaro, 24.02.00
(Carmen, Théâtre des
Champs Elysées, Paris)
"La mise en scène de Dmitri
Bertman (...) est intelligente, sulfureuse et cohérente, la musique
d'une vigueur, d'une expressivité enivrantes. Remarquablement joué
et chanté (diction impeccable) par une jeune troupe pleine de fougue
et de talent, l'opéra captive par son ironie sarcastique, choquante."
Le Parisien, 29.02.00
(Carmen, id.)
"De l'originalité, cette
Carmen en a à revendre. (...) La prestation vocale de la troupe
témoigne d'une fabuleuse santé."
Le Figaro, 21.7.99
(Carmen, Festival de Radio-France,
Montpellier)
"La température y est
particulièrement élevée : c'est vif, intense, coloré,
pensée au millimètre, fourmillant d'idées. Pas une
seconde qui ne soit exploitée de tout son poids de temps, de sens,
de mouvement. (...) Enveloppante et efficace, la direction de Paul Magi
joue sur du billard, faisant ressortir tout ce que cette musique consommé
en finesse de trait et en élégance de propos. Bertman a gagné
son pari (...)."
Le Monde, 21.7.99
(Carmen, id.)
"... Pari réussi pour
ces flamboyants artistes. La première de "La Traviata" n'a été
qu'un long feu d'artifices crépitant (...). De la musique avant
toute chose ! Respiration, légèreté, vivacité...
(...) Chaque plan est corrosif et tender à la fois."
Le Télégramme
28.11.00
(La Traviata, Le Quartz, Brest)
"L'orchestre, dirigé par
un Valery Kritskov énergique, fait preuve d'une lumineuse transparence,
sa solide texture alliée à une grande fluidité méritant
tous les éloges.(...) Un choeur de haut vol qui s'est illustré
par une puissance de feu et une verve réjouissantes."
La République
du Centre, 01.12.00
(La Traviata, Carré Saint-Vincent,
Orléans)Ý
"... Une tension dramatique sans
relâche..."
Le Monde, 12.5.98
(Yolanta, Helikon Theater, Moscow)
"La grande leçon du Helikon
vient du niveau exceptionnel de professionnalisme de tous : l'orchestre
est fabuleux de transparence, de justesse, de nuances dynamiques, de couleurs,
le choeur est à tomber à la renverse (comment fait-il pour
si bien chanter tout en dansant, virevoltant sur scène ?), (...)
une Olympia, une Antonia et une Giulietta aussi vocalement sublimes sont
rarissimes."
Le Monde, 18.7.99.
(Les Contes d'Hoffmann, Festival
de Radio-France, Montpellier)
Répertoire
Stravinsky
Hindemith
Prokofiev
Rimsky-KorsakovÝ
Prokofiev
Mozart
Leoncavallo
Tchaikovsky
Poulenc
Fleishman-Chostakovich
Rimsky-Korsakov
Donizetti
Tchaikovsky
Scriabine
Bach
Verdi
Strauss
Bizet
Tchaikovsky
Tchaikovsky
Rimsky-Korsakov
J.Offenbach
Tchaikovsky
Rimsky-Korsakov |
Mavra
Hin und Zuruck
Maddalena
Kashey l'Immortel
Le vilain petit canard
Appolon et Hyacinthe
I Pagliacci
Ondine
La Voix Humaine
Le violon de Rotshieldg's
Mozart et Salieri
Don Pasquale
Dame de Pique
Keistut et Biruta
La Cantate du Café
La Traviata
La Chauve Souris
Carmen
Eugène Onégin
Yolanta
La Fiancée du Tsar
Les Contes d'Hoffmann
Mazeppa
Le Coq d'Or |
Les voix de l'Invisible
(Triptyque biblique) :
Bardanashvili
Kobekin
Schetinski |
Eva
Moïse
Annonciation |
Dmitri Shostakovitch
Verdi
Strauss
Verdi
Verdi
Alban Berg
Janacek |
Lady Macbeth of Mtsensk
Macbeth
Die Fledermaus (conducted
by M. Rostropovitch)
Aida (1996 and 2001)
Falstaff (2001)
Lulu (2002)
L'Affaire Makropoulos |