..........
..[ Home - Contact ]
.

.
  PRÉSENTATION
.
  Note du metteur en scène
  Rudolph WERTHEN
.
  Juan-José MOSALINI
.
  Sandra RUMOLINO
.
.
.
  PHOTOGRAPHIES
.
 
.
 
 
.
 
 
.
 
 
.
 
 
MARIA DE BUENOS AIRES

[ ENGLISH VERSION ]

Opéra de chambre d'Astor Piazzola
Livret : Horacio Ferrer

Rudolf Werthen
mise en scène

Juan Jose Mosalini
collaboration artistique

Sandra Rumolino
chant (Maria)

L'oeuvre

Maria De Buenos Aires n'est ni un opéra ni un ballet à vrai dire, mais un théâtre dansé où le tango, sous sa forme la plus surréaliste et poétique, est roi. Unique opéra d'Astor Piazzolla, c'est un voyage musical et chorégraphique dans l'Argentine des années vingt. C'est l'histoire du tango retracée à travers la vie de Maria : son ascension de la banlieue de Buenos Aires, son heure de gloire dans les cabarets du centre ville, son épuisement, son déclin, sa mort et sa renaissance spectaculaire à la fin de l'opéra.

C'est la rencontre entre des artistes dont les biographies croisent l'histoire du tango : Astor Piazolla, auteur relié aux racines de l'Argentine, Horacio Ferrer, auteur du livret et grand personnage de la vie artistique de Buenos Aires, et Juan-José Mosalini, bandonéoniste, l'un des représentants les plus doués de la culture tango contemporaine.

Cette nouvelle mise en scène est interprétée par des chanteurs et des acteurs de renommée internationale et de fabuleux danseurs et musiciens. Maria De Buenos Aires est devenu un spectacle unique, une combinaison émouvante mêlant drame, musique et danse. Ses tangos passionnels, sa musique vive et colorée, son dynamisme et sa sensualité font de cette " operita " une oeuvre hors du commu. Elle a été donnée pour la première fois en février 2001, à l'occasion du Festival des Arts de Hong Kong et reprise avec succès en mai 2002 au Théâtre National de Taipei.

Synopsis

Maria se présente elle-même : "Je suis Maria... Maria Tango, Maria du Faubourg, Maria nuit, Maria passion fatale, Maria de l'amour de Buenos Aires, je suis, moi !".

L'histoire de Maria de Buenos Aires est jouée dans un bar sombre et enfumé dans un port d'Argentine. Dans la chaleur, les gens dansent, boivent et chantent sur des musiques de tango. Maria est un ange tombé des taudis de Buenos Aires, qui dépérit dans les cabarets et les maisons closes. Quand elle meurt d'épuisement, elle se retrouve au royaume des esprits ; un fantôme la trouve sur son chemin et insuffle une nouvelle vie à son âme errante. Le mouvement passionnant du tango à la musique colorée et vive transforme ce comte palpitant en poésie. 

Maria représente le port de Buenos Aires dans toute sa variété, le bon et le mauvais. Elle meurt, mais elle se réincarne chaque jour à nouveau. Maria est également une métaphore du tango et représente un style de vie qui est étroitement lié avec l'origine de cette danse, cette musique et cette vie dans chaque âme argentine.

L'histoire s'inspire d'une sorte de légende métropolitaine qui parle de Maria, ouvrière dans une usine textile de Buenos Aires qui, après être devenue chanteuse de tango, entre dans une maison close ou elle meurt encore très jeune; elle sera ensuite enterrée dans le Buenos Aires des Années Dix et la ville se développera au-dessus d'elle.

L'ambiguïté mystérieuse de ce personnage, dont l'existence vit dans l'imaginaire des habitants de Buenos Aires a mi-chemin entre le songe et la réalité, offre un point de départ au développement d'une grande métaphore qui, de fait, l'assimile à la métropole argentine avec ses violences, ses drames, ses légendes et ses magies.

Dans l'histoire de Ferrer, l'histoire commence par la première mort de Maria : dans le Buenos Aires moderne apparaît El Duende, un démon qui, par jeu, se rend sur la tombe de Maria où est déjà apparu le béton de la ville et lui rend la vie une deuxième fois, lui faisant revivre les mêmes évènements terribles qu'elle avait déjà vécus. Toute une série de personnages surréels apparaissent dans l'oeuvre, comme le Bandonéon, autre démon qui séduit Maria et l'attire dans le camp du mal pour une deuxième fois. Ces personnages sont les figures qui peuplent les bas-fonds d'une métropole de port typique : putains et souteneurs, voleurs, ivrognes, assassins.

Ils accompagnent la protagoniste en conditionnant son existence. Les divers épisodes se développent à travers des lieux, des cadres d'atmosphère, des évocations, des états d'âme de la ville : caboulots, parties de cartes interminables et violentes, longs dimanches a l'italienne, veilles aguerries de championnats de football enivrants, cour timide de jeunes garçons sans espoir, viols brutaux, odeurs, saveurs, bruits d'une ville frémissante de morts et de résurrections.

La métaphore et le symbolisme sont le sel de toute l'histoire. Le texte de Ferrer a plusieurs fois recours a l'évocation des symbologies numériques, mélange le profane et le sacré dans un rite latino-américain traditionnel, situe de nombreux moments en "Noëls" et "Pâques" d'une sacralité laïque irrévérencieuse. Certains personnages sont mêmes étroitement liés a l'histoire de Buenos Aires dans les années Soixante, comme les psychanalystes imaginés en armée organisée, tant ils étaient nombreux et aguerris dans une Argentine en pleine Crise économique qui produisait nombre de névroses pertes d'identité et désespoir.

Le Bandonéon qui, avec Maria et El Duende, est le protagoniste de l'oeuvre, représente l'anthropomorphisation de l'instrument non plus relégué au rôle de support du tango, mais devenu acteur principal dans la vie désordonnée de Maria et de Buenos Aires.

Toute l'histoire se développe autour d'hallucinantes métaphores dans lesquelles Maria - Buenos Aires surgit d'un enfer grotesque (les égouts de la ville), s'y enfonce et en émerge a nouveau, alternant le désespoir de son existence et le triste souvenir de ses origines avec la vision d'un avenir paradoxal et marqué. Les tristes aventures de Maria sont enfin sublimées dans un acte de parthénogenèse a travers lequel elle donne vie, en mourant, à d'infinies répliques d'elle-même, à l'exemple de la ville de Buenos Aires qui produit chaque jour d'infinies histoires de vie et de mort.


Note d'intention du metteur en scène 
Rudolf Werthen
Chaque nuit le tango meurt, avec les putains, les souteneurs, et tout Buenos Aires. Pour renaître le lendemain dans toute sa gloire, plein de passion de désir de vie mais aussi de peur et de tristesse.

La musique évoque les fantômes, la jalousie et les combats des " gaucho " et des " portenos ", la perte des amis et des êtres aimés, la confrontation de la mort et de la résurrection. Quand Maria danse le tango avec eux, elle se jette dans la perdition, et meurt avec eux.

C'est ce côté noir de l'homme que je trouve fascinant depuis toujours dans le tango; la mort dans tous ses aspects hybrides. Au milieu des années 1960, le Tango Viejo était presque mort. Jusqu'à l'arrivée de l'Uruguayen Horacio Ferrer, auteur et poète, et sa rencontre avec Astor Piazzolla. Ensemble ils ont créé un Tango Operita original, un vrai opéra sur une musique de tango. Ferrer a écrit un livret riche, dramatique, surréaliste et même parfois cruel, mettant à la  surface quelques douleurs profondes. Piazzolla a écrit une musique intrigante, pleine de bonheur et de simplicité, alors qu'une pensée triste règne toujours : " Danser avec une larme derrière vos yeux ". Ferrer et Piazzola ont été détesté en tant que fossoyeurs du tango, alors qu'en même temps ils le laissaient surgir en pleine beauté. 

Dans cette production, j'ai tenté d'évoquer la magie et le désespoir du tango de la façon la plus précise possible.  La mort est partout, personnifiée par un acteur silencieux, mystérieux et omniprésent. L'âme tourmentée du peuple recherche sa sortie par la psychiatrie et la psychanalyse. 

Le narrateur est un vrai Duende, un fantôme qui récite l'histoire de Maria, et donc du Tango. Dans une transe visionnaire il rencontre même "Les Masques raillant la Mort" de James Ensor, une de mes peintures favorites, un étalage de surréalisme belge ainsi que du symbolisme, deux caractéristiques de l'âme argentine. Le sourire de Maria devient une grimace désespérée : la mort dans toute sa gloire. Elle ne trouve une certaine consolation que dans les voix du passé, dans un bar à Buenos Aires, où elle meurt chaque nuit tout comme le tango. 

Tous ces éléments m'ont conduit à mettre en scène ce Tango Operita. Le tango n'est pas mort et à Buenos Aires les putains sont toujours dans les rues. Les amis se combattent et des familles meurent... La résurrection doit arriver bientôt.


Juan-José MOSALINI
Bandonéon

"En France, le tango a traversé le siècle sans dommage. Il fut d'abord une danse provocante, sensuelle, puis passa dans les múurs. Aujourd'hui, c'est un parfum, une manière de vivre sa latinité."
Juan-José Mosalini
 Né en 1943 dans une famille italienne d'artisans passionnément musiciens, Juan-José s'initie au Bandonéon en s'imprégnant grâce à son père, des traditions de la musique populaire argentine. Il devient musicien professionnel à 17 ans, obtenant dès 1961 le premier prix d'un concours organisé par la télévision de Buenos Aires "Nace una estrella".

De 1962 à 1976, Juan-José travaille avec les plus grands orchestres et solistes d'Argentine. Il compose, arrange, interprète, accompagne. Il se produit entre autre avec José Basso, Leopoldo Fédérico, Astor Piazzola, Osvaldo Pugliese, Susana Rinaldi, Edmundo Riviero, Horacio Salgan. Au cours des mêmes années, il fonde avec le bandéoniste Daniel Binelli, son premier ensemble "Guardia Nova", qui s'avère une des expériences les plus riches et les plus originales du tango d'avant-garde.

En 1977, il s'installe en France, qu'il choisit comme nouvelle patrie musicale. Il y retrouve d'autres musiciens argentins avec lesquels il crée " Tiempo Argentino". Chaleureusement accueilli par la presse, ce groupe participe à de nombreuses tournées européennes et se produit sur quelques grandes scènes parisiennes comme le Palais des Arts ou l'Olympia. Il enregistre un album "Tango Rojo", où l'on retrouve la pianiste Gustavo Beytelmann, le flûtiste Enzo Gieco et le guitariste Tomas Gubitsch.

1978 Juan-José Mosalini poursuit ses recherches novatrices en enregistrant un disque de bandonéon solo. Véritable dialogue entre le musicien et son instrument, sachant réunir poésie et virtuosité, cet enregistrement préfacé par Julio Cortazar fait l'unanimité de la critique et consacre son auteur dans le milieu artistique. A la même époque, il participe à plusieurs "Grand Echiquier" dont celui consacré aux "Quilapayun".

1980 Il fonde un nouvel ensemble à l'instrumentation inhabituelle (bandonéon, piano, basse électrique, percussions), "Canyengue" dont le nom évoque une onomatopée issue des rythmes de tango.

1982 Création d'un trio avec le pianiste Gustavo Beytelmann et la participation du contrebassiste Patrice Caratini.

1983 Enregistrement par ce trio d'un album "La Borodona", composé de tangos et milongas traditionnels réécrits. 

1984 Juan-José Mossalini participe au "World Music Meeting" de Baden-Baden (Allemagne) comme représentant de l'Argentine et enregistre un disque.

1985-1986 Compositions de plusieurs musique de films: "Double Face" de Serge Leroy; " Le Quatrième Pouvoir" de Serge Leroy ; "Le Génie du Faux" film en quatre épisodes pour Antenne 2 de Stéphane Kurc. " Coeur de Marbre" de Stéphane Kurc. Au cours de la même période, Il entame la rédaction d'une méthode de bandonéon commandée par le Ministère de la Culture. Il compose pour le spectacle "Attention Attraction" une musique pour bandonéon et mezzo-soprano (commande d'Etat). Il effectue avec le trio Mosalini / Beytelmann / Caratini une tournée en Uruguay et en Argentine.

1987 Sortie du deuxième album du trio Mosalini / Beytelmann / Caratini " Imagenes" (Label Bleu). Création mondiale du Concerto pour Bandonéon et Orchestre d'Harmonie (commande de l'Etat) à l'invitation de l'Addim de Hautes-Saône. Bandonéon soliste de l'Opéra de Maria de Buenos Aires de Astor Piazzolla (Tourcoing, Montpelier, Douai).

1988 Juan-José Mosalini entreprend la réalisation d'une " Collection Bandonéon" à la demande des Editions Henri Lemoine.

1989 Composition avec Enzo Gieco et Atahualpa Yupanqui (poèmes) de la cantate "La Parole Sacrée" créée le 21 juin au Palais des Congrès de Nanterre dans le cadre de la commémoration du Bicentenaire de la Révolution Française.
Octobre 1989, enregistrement de "Violento" (Label Bleu), troisième album du trio Mosalini / Beytelmann / Caratini.

1990 Composition d'une oeuvre pour bandonéon, guitare et orchestre à cordes, créée en mai avec le guitariste Roberto Aussel (commande du Conservatoire de Juvisy et du Ministère de la Culture). 


Sandra RUMOLINO
Maria

Dans une démarche pleine de féminité, Sandra Rumolino fait toujours preuve de modernité grace à un répertoire arrangé sur mesure qu'elle interpréte avec profondeur et subtilité.Sa presence scénique et sa passion dévorante nous permet de redécouvrir le tango, enfin dépourvu de stéréotypes et de manières apprêtées. Elle dévoile, grâce à sa voix douce et nuancée toute l'intimité du tango et du "spleen" argentin, pour nous tracer un chemin imaginaire vers Buenos Aires, sa ville natale. Sandra Rumolino interprète ces sentiments et nous raconte dans chaque thème les blessures de la vie et ses espoirs aussi.

Née à Buenos Aires en 1960, elle commence à étudier le chant à l'âge de 9 ans. Ensuite, elle entre au Conservatoire Municipal de la ville de Buenos Aires. 

Arrivée en France en 1983, elle poursuit ses études de chant et s'intéresse aussi à la danse et au théâtre. Elle décide de s'orienter vers la musique populaire de son pays, notamment le tango, style qui lui permettra de s'épanouir artistiquement et de garder un lien avec son pays. 

En 1987, elle intègre le groupe Gomina et fait des tournées en France et en Allemagne.
Parallèlement, elle participe à de nombreux spectacles autour du tango, et se produit à Paris, aux fameux "Trottoirs de Buenos-Aires".

En 1994, elle rencontre le pianiste et compositeur Gustavo Beytelmann avec qui elle travaille pendant trois ans et enregistre son premier album "Automne" sous sa direction. 

Parallèlement à sa carrière de soliste, elle est l'invitée de différentes formations de tango, notamment le Trio Esquina de César Stroscio, le Trio d'Adrien Politi et depuis 1997, du bandonéoniste Juan José Mosalini pour chanter régulièrement avec son Grand Orchestre de Tango, en France et à l'étranger. Elle participe également au spectacle "Fatal Tango" de Jorge Rodriguez.

Tout au long de sa carrière professionnelle, elle participe régulièrement à différentes émissions de radio (France Culture, France Inter, Radio Latina, France Musiques...), de télévision (Le cercle, du côté de chez Fred, Paris-Première...) et à de très nombreux festivals de musiques du monde en France (Radio France et Montpellier, Ris-Orangis, Horas Latinas à Nîmes...) et à l'étranger (Portugal, Grèce,Angleterre, San Marino, Allemagne avec Pina Bausch).

De février à mai 2000, elle participe en tant que chanteuse-comédienne à la création de "Pas à deux" mise en scène par Camilla Saraceni au Théâtre de la Bastille, spectacle repris en 2001 au Théâtre 104 à Bruxelles, et au Théâtre National de Chaillot. La musique du spectacle fait l'objet d'un enregistrement. Elle présente également le dernier album avec le Grand Orchestre de Tango de Juan José Mosalini ou elle est invitée, les 25, 26 et 27 mai au Théâtre National de Chaillot, à Sartrouville.

Elle enregistre le tango "Malena" pour la bande-son du film "Tangos volés" de E. di Gregorio avec les comédiens Guy Marchand et Sylvie Testud qui est sorti en mars 2002.

Elle présente en avant-première son nouveau répertoire le 15 juin 2002 à l'Auditorium des Halles à Paris dans le cadre de l'événement "Portraits de Buenos Aires" avec grand succès.

Son dernier album "Por la vuelta" vient de sortir le 18 novembre 2002.

...

[ Menu principal - Haut de page  - Contact ]